Napoleon

Napoleon
Ce n'est pas moins de 700 000 européens qui se ruent à présent sur la France pour écraser "l'Ogre". Pour essayer de s'attirer la sympathie du peuple français, les Alliés ont proclamé "qu'ils ne faisaient pas la guerre à la France mais à Napoléon Ier". Malheureusement pour eux, la France n'est pas dupe et se range au côté de son Empereur. Plus de 100 000 hommes et femmes prennent les armes pour défendre leur pays ; ils participent à des actions de sabotage, exactement comme la Résistance de 39-45. Napoléon, quant à lui, réunit difficilement 200 000 hommes. Mais il sait que la bataille va être rude. Il n'a plus ses meilleurs officiers près de lui, plus de véritable et puissante cavalerie ("Mais où sont mes dragons, mes cuirassiers ? Perdus dans les steppes de Russie !"). Partout les frontières sont enfoncées, principalement le Nord et toute la face Est. Napoléon les bat séparément, les écrase par petits bouts. Son armée est plus que motivée ("Enfin nous combattons pour notre pays !", répétaient les braves soldats de sa Vieille Garde). Montmirail est une superbe victoire, elle occasionne la coupure entre les différentes armées ennemies. A Champaubert et Chaumont, les Alliés sont écrasés. Ils étaient sur le point de tout abandonner et reconnaître la France sous la direction de Napoléon. Pour preuve, des morceaux choisis de la correspondance austro-prussienne :


"Il n'y a vraiment que le froid qui peut les tuer !", clamait en rage l'Archiduc Charles, le frère de l'Empereur d'Autriche. Dites-moi, Blücher (commandant des armées prussiennes), est-ce que les Russes n'auraient pas pu amener leur sale temps avec eux ? Cela nous aurait bien aidé !"


Mais, Sire, le froid nous tuera nous aussi, et nous aurons perdu !", répondit le vieux général.


Oui, je sais, mais au moins comme cela, nous n'aurons pas à subir l'humiliation !"


Ce court extrait montre bien l'état d'esprit qui règne pendant la campagne. Seuls les anglais progressent bien en Espagne, mais ils n'arrivèrent jamais à atteindre Poitiers. Mais dans de telles situations, il est clair que l'Empereur ne pouvait tenir longtemps, vu les forces qui se déployaient contre lui. Les batailles qui suivirent furent plus indécises, et les Alliés, eux, avaient toujours des réserves. Ils arrivèrent aux portes de Paris, mais furent refoulés immédiatement. Il faut dire que Napoléon a bien armé la capitale : pas moins de 80 000 hommes défendent la ville, plus évidemment la majorité de la population qui n'a pas l'intention de se faire envahir sans rien dire. Mais la trahison arrive, alors que la situation est tout à fait jouable pour l'Empereur. L'instigateur est le maréchal Marmont, soutenu notamment par Victor. Il ne faut accabler ces hommes : l'Empereur les emmenait d'après les spécialistes dans trois ans de guerres supplémentaires sur le sol français. A Fontainebleau, Napoléon abdique le 6 avril, en faisant les fameux adieux de Fontainebleau à sa Garde. Les Alliés, pour éviter la révolte, sentent qu'il ne faut pas trop le punir. Ils lui reconnaissent son titre et le nomme Empereur de l'île d'Elbe ! "L'homme qui avait fait trembler l'Europe ne règne plus que sur quelques kilomètres carrés" (Alain Decaux).
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# Posté le jeudi 26 mai 2005 01:08

Napoleon

Napoleon
Il accoste à l'île d'Elbe le 4 mai 1814. Il imagine la situation en France. Tous ses maréchaux sans exception se sont ralliés à Louis XVIII ou l'ont totalement abandonné, ce qui revient quelque peu au même. Ses fidèles maréchaux ! Ney, Murat, Berthier, et tant d'autres dont il a fait la fortune, la renommée ! Il les comprend, se met à leur place : ils veulent profiter de leur fortune acquise si durement. Le comte de Provence, frère du défin Louis XVI et futur Louis XVIII, est malgré ses nombreux défauts plutôt bienveillant et pacifiste : il écarte l'idée de répression envers les bonapartistes. Quant à l'ex-famille impériale, elle choisit de se rallier aux royalistes, si ceux-ci veulent bien les accepter, ce qui n'est pas si sûr. Mais Napoléon ne doit plus penser à tout cela, il n'est plus l'Empereur des Français. Il est à présent Empereur de l'île d'Elbe, et il faut s'investir corps et âmes dans cette nouvelle fonction. Napoléon donne des directives dès son arrivée : il faut nettoyer les rues, placer ici un campement militaire, et là construire un palais. L'île d'Elbe renaît soudain de magnificence. Malheureusement les nouvelles sont mauvaises. Il apprend que les Alliés vont monter une expédition pour le tuer. Des navires anglais sont armées et vont pilonner son île. Ensuite, une sorte de commandos s'infiltrera et l'assassinera. Et sa maigre garde ne pourra peut-être pas intervenir. Il sait que les français le regrette, il s'en doute. Le roi Louis XVIII, malgré sa Charte (recueil de lois garantissant la plupart des acquis fondamentaux de la Révolution) et toutes ses bonnes et, au fond, sincères intentions, n'est pas aimé du peuple.


Le 28 février 1815, le bateau "Inconstant" qui abrite l'Empereur se présente devant les côtes françaises, à Golfe-Juan. "L'aigle volera de clocher en clocher jusqu'à l'église Notre-Dame ! J'arriverai à Paris sans tirer un seul coup de feu.", répète-t-il. Il emprunte ce qu'on appellera la Route Napoléon, dans les Alpes. Des hommes sont envoyés pour l'arrêter, et à chaque fois ils se rallient. Après La Bédoyère, le maréchal Ney, qui avait promis à Louis XVIII que "l'Ogre serait mis en cage", ne peut que se rapprocher de son ancien souverain. Ce 19 mars, après le ralliement de Ney, tout est possible !
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# Posté le jeudi 26 mai 2005 01:09

Napoleon

Napoleon
Le 20 mars 1815, Napoléon est à Paris. Il est le nouveau chef de la France, et Louis XVIII s'est enfui. La plupart des maréchaux se sont ralliés. Napoléon ne souhaite plus la guerre, il veut développer son pays. Mais la coalition renaît, les Alliés ne veulent plus de l'Empereur. Ils vont réunir un million d'hommes, et Napoléon, face à eux, en alignera la moitié. L'armée française se poste en Belgique. Les ennemis ne cherchent plus à éviter le combat, ils se présentent devant Napoléon. Son génie ne l'a pas quitté, au contraire : il les bat notamment à Charleroi. Mais l'affrontement global aura lieu à Waterloo. Il subit la plus grave défaite de sa vie. Grouchy est le "responsable". Il n'est pas revenu à temps pour défendre l'Empereur, et son arrivée aurait changer le cours de la bataille. Le Corse chercha la mort, mais elle ne vint pas. Napoléon abdique, ou plutôt capitule sans condition. Les anglais ne veulent plus qu'il puisse revenir. Il décide donc de l'enfermer à Sainte-Hélène...
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# Posté le jeudi 26 mai 2005 01:10

Napoelon

Napoelon
Après sa seconde abdication, il embarque sur le "Bellérophon". Il imagine qu'il pourra finir sa vie en Angleterre ou aux Etats-Unis. Les anglais le maintiennent dans cette illusion jusqu'à ce que le bateau arrive à Sainte-Hélène, le 15 octobre 1815. Les personnes qui l'ont accompagné se répartissent comme ils peuvent dans l'île. Il est placé dans un grand manoir, celui de Longwood. Il écrit ses mémoires en compagnie de Las Cases. Il est très malade. Penser, c'est la seul chose à faire. Son geôlier, Hudson Lowe, le déteste et le traite durement. Il résiste. Il pense, réfléchit à longueur de journée. Il faut résister à cette maladie qui lui brûle le ventre...


Le 4 mai 1821, Napoléon est étendu sur son lit, se tordant de douleurs. La fin est proche, il le sait. C'est pourquoi il a convoqué tous ses amis et proches, ses fidèles, qui l'ont suivi. "Je suis heureux à l'idée que vous allez pouvoir revoir la France, vos proches, et moi mes Braves aux Champs-Elysées". Le samedi 5 mai, il va mourir. Le comte de Montholon recueille ses dernières volontés. Il ne se souvient plus du prénom de son fils, et par la même occasion du sien. Il prononce, dans un dernier souffle, les mots "tête, armée", et meurt. L'autopsie est pratiquée tout de suite après la mort, fausse dans son pronostic, puisqu'il est prouvé maintenant qu'il a été empoisonné.

# Posté le jeudi 26 mai 2005 01:10