Napoleon

Napoleon
Le jeune Napoléon Buonaparte, arrivé tout droit d'Ajaccio, se présenta devant le lieutenant-instructeur de l'école militaire de Brienne avec son père, par un beau matin de mai 1779. Il est un peu apeuré par le lourd regard du militaire, mais il essaie de le cacher le plus possible. D'autant que son père, avant cela, a fait tout un voyage en France, courant de démarches en démarches, rien que pour lui ; Napoléon respecte beaucoup trop son père, et il ne veut en aucun cas le décevoir. Puis c'est l'adieu, déchirant. On lui présente sa chambre, coquette mais beaucoup moins rassurante qu'à Ajaccio. Il se rend compte qu'il est très seul, plus qu'il ne l'aurait imaginé. Il décide de sortir un moment et entre en force dans la cour. Il voit les regards des camarades de son âge. Il s'en désintéresse et s'assied par terre, dessinant des schémas sur le sable. Il les sent s'approcher de lui. "Je les hais" pense-t-il. Ces français, quel bande de sous-hommes ! Ils ont envahi mon pays, ma terre, ils nous ont obligé à fuir (la famille Bonaparte était protégée par Pascal Paoli, le nationaliste corse de l'époque). Soudain, ils lui demandent :

"Eh, le nouveau, comment tu t'appelles ?".

Il comprend à peu près la question, s'en doute, et dans un élan de générosité, il répond, avec son terrible accent corse, quelque chose comme :

"Naapolééonéé Buonaapaartéé".

Ils éclatent de rire, tous plus bêtes les uns que les autres. Ils s'exclament tous ensembles :

"Eh, c'est la Paille au Nez ! La Paille au Nez !"

Il sert les points très fort. Dès lors, il ne pensera qu'à se venger. Se venger, oui, mais de façon tout à fait étonnante et noble. Oui, c'est décidé, il va les battre dans tous les domaines : force, intelligence, maturité, etc. On sent alors, à partir de là, que Napoléon n'est pas un jeune homme comme les autres...

Cela fait déjà un an jour pour jour que le jeune Bonaparte fait partie de l'école royale de Brienne, et il commence à s'habituer à sa nouvelle vie. Il apprend le français sans trop l'aimer, mais fait des efforts pour retirer ce semi-italien de sa tête. Ses progrès sont étonnants. Ses professeurs le notent bien, et toutes ces distinctions suscitent les convoitises et les jalousies. Phélippeaux, un de ses plus grands "ennemis" (il le sera jusqu'à l'Empire), le titille à tout moment, et Bonaparte le frappe. Il faut un instructeur pour les séparer. Seul, complètement sans ami, il s'enferme dans son monde antique (il aura toujours une passion pour la Rome de César), dévore Cicéron, Platon et Socrate. Il a de grands rêves plein la tête. Et puis vient l'heure de la délivrance, un corse, comme lui, arrive à l'école. Le jeune Des Mazis durant les quatre années qui vont suivre va être le confident de ses pensées. Ensemble, ils révisent les traités de mathématiques (il faut connaître les cinq tomes du traité de mathématiques pour sortir de cette école). Il absorbe, chapitre par chapitre, tout le savoir de Pythagore. Il traite beaucoup les livres d'artillerie, qui se révèle être sa passion. Il imagine les batailles, les perçoit dans sa tête. Tout est clair.

Un beau matin de septembre 1785, le grand mathématicien Laplace est là pour superviser les examens qui détermineront si les élèves sont aptes à changer d'école et de grades. Napoléon s'avance. Encore très choqué par la mort de son père survenue le 24 février 1785, le grand homme est clément. Napoléon perçoit sur le côté de son oeil le regard imposant du savant. Il trace les figures, les équations sont résolues sans problèmes, la géométrie "pêche" un peu. Mais ce ne sont que de maigres erreurs. Le 28 septembre, les résultats sont affichés. Napoléon exulte. Il est lieutenant en second muté à Auxonne. "C'est pour mon père", pensa-t-il.
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# Posté le mercredi 25 mai 2005 13:32

Napoleon

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Il arrive à Auxonne le 14 novembre 1785, dans son tout nouvel uniforme fringuant de lieutenant en second. Le quartier général de la Fère est plutôt grand, et il en visite les lieux soigneusement. Il prend ses quartiers, et commence à suivre l'enseignement pour devenir capitaine d'artillerie. Les traités se suivent mais ne se ressemblent pas, et Napoléon les finit en une nuit à peine ; il attend les nouveaux traités de Gribeauval, théoricien de la guerre moderne. Bonaparte mène alors une vie passionnément laborieuse, studieuse, et d'autre part totalement étroite et mortifié, il est avant tout préoccupé d'acquérir toutes les connaissances qui, un jour, pourraient le servir. Sa vie serrée lui est imposée par la pauvreté, la meilleure des écoles, son père mort en 1785, a laissé sa famille qu'il chérit tant, restée en Corse, dans le plus grand dénuement ; Napoléon, faute de pouvoir l'aider, n'entend pas du moins en devenir la charge. En 1787, il se sent prêt à passer les examens, mais ceux-ci n'auront lieu que dans deux ans. Alors il "potasse", il révise à n'en plus finir. Son but est devant ses yeux. Il ne le lâchera pas, il se l'est juré. Mais dans ses élans de détermination, il conserve toujours au coeur l'amour de sa petite patrie, rêve de devenir un jour le chef de l'île libérée. Mais comment, officier du roi, pourra-t-il réaliser pareil rêve ? Et puis, un mois avant les examens, il apprend la prise de la Bastille, la Déclaration des Droits de l'Homme... Une ère nouvelle, la Révolution. "Les révolutions sont un bon temps pour les militaires, elles développent leur courage et leur patriotisme".

Il a réussi son passage, il est capitaine d'artillerie. Il se repose, pense à sa famille : "Je ne serai plus jamais le même homme...".
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# Posté le mercredi 25 mai 2005 13:33

Napoleon

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Il se trouve à Toulon le 15 octobre 1789. Il est le premier à embarquer sur le bateau qui le ramènera chez lui, dans sa famille. Pendant le voyage il croit sentir l'odeur de sa terre. Cette odeur de thym, d'olives,... Il est triste en pensant qu'il l'a presque oubliée. Il est également le premier à descendre. Letizia, sa mère, est là, avec un large sourire de fierté. Il est ému : ses nouveaux frères et soeurs l'attendent lui aussi. Il a les larmes aux yeux : le petit Jérôme, du haut de ces cinq ans, accoure à ses pieds. Il embrasse sa mère tendrement et lui montre son tout nouvel uniforme de capitaine. "Ton père aurait été fier de toi", dit-elle en pleurant.

Napoléon apprend les mauvaises nouvelles de la famille. Ils ont de graves difficultés financières, et les salaires de Joseph et de Napoléon ne suffisent pas à vivre convenablement. Plus qu'une seule solution : chercher l'appui de Paoli, leur ancien allié. Il va à sa rencontre. Il lui parle. Paoli accepte de l'aider s'il se place dans ses armées. Il est à présent lieutenant-colonel du 2ème bataillon des Volontaires Corses. Il attend les nouvelles de Paris. Le roi a essayé de s'enfuir, mais il a été arrêté à Varennes. Il voit aussi que l'armée de Paoli, qui se dit révolutionnaire, est en fait une formation de combat nationaliste à outrance, acceptant l'appui des anglais face à la République Française de la Convention. Paoli, alors seul véritable maître de l'île, s'engage dans la voie du séparatisme, et dénonce les " Buonaparte" comme traite à la "patrie" ; ceux-ci sont d'abord menacés, puis proscrits et pourchassés, et sont contraints de s'exiler à Toulon. Napoléon a tiré un trait définitif sur la Corse. Il décide alors de rentrer en France.

Bonaparte est maintenant logé à Paris, chez son ami Des Mazis, dont la maison donne sur le jardin des Tuileries. Il mène une vie révolutionnaire, fait partie du club des Jacobins. Il adhère aux idées de destitution du Roi, car c'est cette famille de Bourbons qui a envahi son île bien aimée ! Il s'étonne à enfin s'intéresser à la France. Mais il sait que c'est ici qu'il arrivera à se faire un nom, et pas en Corse. Puis le 10 août 1792, de la fenêtre de la maison, il assiste à la prise des Tuileries. Ce spectacle ne lui plaît pas beaucoup, car il sait que cette Révolution qu'il aime tant peut se transformer en tout ce qu'elle combat, un bain de sang organisé. Il a appris la guerre qui s'engage, une guerre révolutionnaire. Il comprend que c'est le moment, il le sait, il le sent. Il décide de proposer publiquement ses services à la République. Un homme va le distinguer, l'envoyant à Toulon prise par les Anglais : Augustin Robespierre, le frère du terrible Maximilien, "l'Incorruptible"...

# Posté le mercredi 25 mai 2005 13:34

Napoleon

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Il arrive le 16 septembre à Toulon . La situation est inextricable, et rien n'a été fait. Donc tout reste à faire... Et c'est lui qui veut le faire ! Il le peut, il le sait. Ses généraux se mordent les doigts, Carteaux a peur de la guillotine s'il ne fait rien. Le génie de Bonaparte se révèle alors : seul, il aperçoit de quelle façon la ville peut être réduite ; il entend imposer, d'abord en vain, son plan à ses chefs, y conquiert les commissaires de la Convention, finit, grâce à leur appui, à le faire prévaloir ; d'autant qu'un autre fier général, Dugommier, remplaçant de Carteaux, sent d'emblée la puissance intellectuelle et stratégique de son artilleur et lui laisse carte blanche. Napoléon dirige l'opération d'une main de maître, et la ville est prise le 19 décembre. Les commissaires le portent aux nues, et le 27 décembre, il est accueillit en héros à Paris. Il ressort de la ville général de brigade, après avoir gagné trois grades en quatre mois. Il dira plus tard :"Oui, suivez-moi, je suis le dieu du jour...".

Parmi ses commissaires se trouve Augustin Robespierre, devenu son "mentor" en quelque sorte. Le frère du terrible Maximilien signale à la Convention "le mérite transcendant" du jeune général, et lui fait donner le commandement de l'armée d'Italie ; Napoléon, tout aussitôt, expose le plan qui permettra d'enfoncer de part en parte les lignes austro-piémontaises qui menacent Marseille. Mais l'organisation prévue échoue car il se fait arrêter à la chute de Robespierre. Napoléon sait qu'il peut mourir sur l'échafaud. Pendant son emprisonnement, il finit de rédiger son plan d'attaque en Italie, avec cartes à l'appui. Huit mois plus tard, il est entièrement libre, quoique totalement en disgrâce. Nommé au commandement d'une brigade d'infanterie en Vendée, il se dérobe, vit à Paris dans une situation pénible ( comme le voulait la "tradition" de la Terreur, tous les biens financiers des condamnés étaient placés sous la propriété de l'Etat ). Il arrive, non sans mal, à se faire admettre dans les bureaux de l'Etat-Major. La Convention, reconnaissante, oubliant son soi-disant passé de robespierriste, lui donne le commandement en second de l'armée de l'Intérieur puis, avec le grade de divisionnaire, le commandement même des forces de Paris. Barras, un des directeurs du moment, y est pour quelque chose : bien que corrompu et avide de pouvoir, il a toujours su repéré les meilleurs officiers pour diriger les armées françaises. La vie est à cet instant beaucoup plus facile, Napoléon parcourt les salons les plus en vues de Paris, et rencontre Joséphine de Beauharnais, veuve depuis la Terreur. Il en tombe éperdument amoureux, mais elle est déjà la maîtresse officielle de Barras, son chef. Il songe alors à aller en Turquie réorganiser l'armée du sultan, quand, dans la nuit du 12 au 13 vendémiaire an IV ( 4-5 octobre 1795 ), son destin, une fois de plus, rebondit...


Les sections royalistes ont soulevé Paris, et menace le Directoire. Barras a été chargée de la répression, sale besogne qu'il délègue aux officiers "jacobins" en disgrâce, dont fait partie Bonaparte. Celui-ci reçoit le commandement de l'artillerie, son domaine, et par une courte canonnade devant Saint-Roch, disperse les survivants apeurés. Là encore se dessine un homme déterminé comme à Toulon, ne reculant devant rien quand cela est nécessaire... Napoléon est le sauveur du gouvernement qui, en remerciement, lui confie, le 8 ventôse, le commandement en chef de l'armée d'Italie puis, le 16, il épouse finalement Joséphine qui trouve ainsi son "bon partie". Le 4 germinal, Napoléon se trouve sur le pavé de Nice, avec comme horizon la grande et riche Italie...
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# Posté le mercredi 25 mai 2005 13:35

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Auteur du plan d'invasion, le général devait nécessairement l'exécuter avec une fermeté qui étaierait son génie. Napoléon, outre les deux grandes armées ennemies autrichiennes et piémontaises, se trouvait face à deux problèmes : d'un côté la méfiance et la jalousie de ses "lieutenants", beaucoup plus vieux et plus expérimentés, et de l'autre ses plus simples soldats qui ne connaissaient plus la signification des mots "discipline" et "obéissance". Mais le jeune corse surmonte tous ses défis, et marche le 12 avril sur Montenotte ; il écrase les autrichiens. Milliesimo, Dego et Mondovi suivent, victoires toujours aussi éclatantes, déclarant Turin "ville-ouverte". Les Piémontais, défaits par une armée pourtant deux fois moins nombreuses, reconnaissent leur défaite et s'empressent de signer un l'armistice de Cherasco le 24 avril. L'Europe a les yeux tournés vers lui, le jeune général victorieux qui entre bientôt dans Milan. Mais les autrichiens, bien décidés à le chasser des terres italiennes qu'ils s'étaient appropriées, marchent dans sa direction avec de nouveaux renforts. Bonaparte les bat à Lodi, à Castiglione, à Borghetto. La bataille d' Arcole, qui dura trois jours, lui ouvrit la route de la prestigieuse Venise, et celle de Rivoli la grande Vienne. L'Empire Autrichien, atterré, s'incline. Napoléon est maître de l'Italie. Mantoue tombe après six mois de siège, Rome laisse entrer sans combat ses vainqueurs. En France, la popularité de l'homme grandissait au point que les Directeurs en étaient maintenant à se soumettre à ses volontés. La population française rend hommage à sa gloire dans des poèmes et des contes, et partout on vante les mérites de "l'enfant de la Révolution". Sa rue est rebaptisée rue de la Victoire. Le Directoire le nomme encore commandant en chef des armées de France. Le pouvoir militaire tout entier est pratiquement à lui. Le Directoire, toujours aussi méfiant, tente de le tenir éloigné. Craignant de se voir compromis dans des intrigues ( il n'a pas oublié son arrestation en 1794 ), accepte de mener une expédition en Orient pour couper la route des Indes aux anglais, seul pays à n'avoir pas signé la paix. Il part avec une bonne armée de 35 000 hommes, accompagnés de quelques centaines de scientifiques, vers "la terre des Empereurs", la très célèbre expédition d'Egypte pouvait commencer...


Il fait escale à Malte qu'il enlève aux Chevaliers de l'île après la reddition sans condition de ces derniers. Il débarque enfin à Alexandrie avec ses troupes le 2 juillet 1798. L'Egypte, sous la souveraineté de la Porte ottomane, était entre les mains de la tribu des Mamelouks, à peu près indépendants du sultan et autant redoutés. Bonaparte gagne sa première victoire aux Pyramides du Caire, où il fait son entrée triomphante le 24, une victoire éclatante, hélas ternie par la destruction de sa flotte à Aboukir par le grand amiral anglais Nelson. Pourtant Napoléon n'en paraissait pas un instant ému : le destin, en enlevant à l'armée tout espoir de retour prochain, obligeait celle-ci à prendre racine en Egypte et c'était tant mieux. Au Caire, le grand soldat se faisait grand administrateur, en créant le "protectorat égyptien.", et surtout le célèbre "Institut d'Egypte", qui vit Champollion découvrir le secret des hiéroglyphes. Mais Bonaparte ne pouvait longtemps se livrer à cette entreprise, aussi noble soit-elle. La coalition turque reprenait vie, Constantinople s'étant résolu à chasser définitivement les "nouveaux infidèles". Le général français se porte en Syrie et commence le siège de Saint-Jean-d'Acre, la formidable citadelle des croisés toujours debout après 500 ans d'existence. Malgré des victoires çà et là, notamment au Mont Thabor, il piétine. Avec une armée totalement démoralisé, obligé de battre en retraite, il remporte néanmoins la victoire terrestre d' Aboukir. Mais il apprend peu après les nouvelles désastreuses de Paris : presque toute l'Italie a été reconquise par les autrichiens, et les armées d'Allemagne battent en retraite depuis des semaines. Il s'écrit : "Les misérables, tout le fruit de nos victoires a disparu, il faut que je parte !". Il laisse le grand général Kléber au Caire avec tous ses hommes, et s'embarque avec une centaine de ses meilleurs officiers sur un petit navire de commerce, pour passer inaperçu de la flotte anglaise. Napoléon arrive sans encombre dans le port de Saint-Raphaël le 9 octobre 1799...

Malgré son échec, Bonaparte est accueilli par une acclamation générale lorsqu'il rentre dans son hôtel, rue de la Victoire. Tous les partis vinrent à lui, mais se proclamant national, son rêve était d'être porté par tous au pouvoir. Partout, on murmure contre le Directoire : la France, malgré toutes ses victoires militaires, est très mal en point ; la monnaie, par exemple, est au plus bas, les entreprises sont toutes en faillite et le monde agricole vit une crise désastreuse. Tout le monde sait, même les directeurs, que c'est un homme comme Napoléon qu'il faudrait à la tête de ce pays. Peut-être est-ce le moment, pensent-ils. Peut-être est-ce le moment, pense-t-il. Napoléon fixe la date de son coup d'état le 10 novembre. Un détachement de l'armée est là, prêt à le soutenir. Lucien, actuel président des Cinq-Cents, est confiant. Bonaparte ne dort pas dans la nuit du 9 au 10... Il se rend à l'Orangerie le lendemain, où siègent les députés des Assemblées. Napoléon sait que de ces hommes viendra le refus. Le Directoire, lui, est complètement dépassé, il se laisse abdiquer. Déjà, les voix s'élèvent, puissantes : "Ah, scélérat, gredin ! Est-ce pour ça que tu as vaincu ?" Ces paroles lui glacent le sang. Tout est perdu. Mais Lucien, son frère qu'il a vu grandir, qu'il a lui-même éduqué, est d'un sang-froid déconcertant. Superbe, il s'écrit : "Foutez-moi ces gens-là dehors !". Sieyes calme le jeu, essaie de sauver la mise. Vers minuit, la situation se détend. A une heure du matin, le 18 Brumaire an VIII, Napoléon Bonaparte est Premier Consul de France. Il dirige le pouvoir exécutif et est chef des armées. Il est le maître de la France, le chef de tous les français.
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# Posté le mercredi 25 mai 2005 13:36